compagnie Waverley - dans les yeux de leo

La Cie Waverley présente
Dans les yeux de Léo

 

Spectacle pour marionnettes, objets manipulables et comédiens-marionnettistes.
Tout public à partir de 7 ans.

Adapté du conte de P. Dorin « A vue d’oeil »

CieWaverley - Les Yeux de léo - Pêche
Le jour de la fabrication des yeux de Léo, Léa, sa mère, est tellement émerveillée par les peintures d’une exposition, qu’elle en oublie l’enfant qu’elle fabrique.

Comme il n’a pas d’yeux sur le visage le jour de sa naissance, elle lui dessine rapidement deux prunelles étonnées avec un stylo-feutre.

C’est une drôle de vision du monde qui s’offre à son regard : autour de lui les formes dansent et le mettent en joie…

CieWaverley - Les Yeux de léo - Ecole

Léo est une marionnette de table en kit assemblée en jeu. C’est un pantin articulé à la tête expressive et très mouvante.

Ses yeux sont une surface blanche pour accueillir le dessin au feutre de Léa.

Sur scène, les yeux de Léo transposent, par la grâce et l’habileté des manipulateurs, le sens des choses et des objet réels et entraînent avec eux le regard des spectateurs… Léon, le peintre se présente en chapeau et couverture de feutre. Il représente l’artiste, l’étrange étranger un peu magicien qui connaît et transmet le secret des formes et des couleurs.

 

« Dans les yeux de Léo », d’après « À vue d’oeil » de Philippe Dorin (critique de Laura Plas)

Dans les yeux de Léo, j’ai trouvé un trésor

Le Théâtre aux Mains nues n’est pas un théâtre aux mains vides. En ouvrant sa paume aujourd’hui, nous avons découvert une petite merveille qui est aussi un bijou pour les petits (mais pas que). « Dans les yeux de Léo » est une belle adaptation du conte de Philippe Dorin intitulé « À vue d’oeil ». Allez-y vite, ça ne dure que jusqu’au 26 février !

Léo est l’enfant de Léa. Léa est si étourdie qu’elle doit coller des papiers partout pour se souvenir qu’elle va devenir maman. Léa est peut-être un peu amoureuse de Léon, le peintre. Quand elle le rencontre, elle en oublie… quoi donc cette fois ? Elle en oublie de fabriquer les yeux de son enfant. Alors, en hâte, elle lui en dessine, et Léo se retrouve avec une drôle de vision, une vision de poète, un regard différent. C’est ce que raconte Philippe Dorin dans À vue d’oeil, et les deux manipulateurs conteurs de Dans les yeux de Léo. Mais c’est aussi ce qu’ils nous font vivre !

Le spectacle joue en effet de l’art subtil et poétique de la métonymie. Quand on s’installe dans la salle, on distingue seulement des objets qui jonchent le sol : pêle-mêle, un peu tristes et quotidiens. Mais quand l’histoire de Léo nous est contée, ces objets prennent vie. Un chapeau penche la tête, et une étoffe prend dans son giron l’enfant : c’est Léa.

Deux chapeaux se rencontrent et dansent : c’est Léo et Léa – ou bien c’est l’amour ? Une tête suffit à suggérer un camarade de classe ; un gant, un voisin. Alors, comme ceux de Léo, nos yeux voient au-delà des choses. Nous accomplissons le grand voyage de l’imagination. Construire ce regard-là, celui qui fait voir la vie en beau, et fait de la lacune une richesse n’a pas de prix.

« T’as vu ça ! »

Jamais de discours, toujours les délices d’une histoire. C’est peut-être une histoire simple : celle d’un enfant qui apprend dans la joie puis dans la douleur qu’il est difficile d’avoir un regard différent. Mais la mise en scène donne le temps à chaque moment de l’histoire. Les manipulateurs font ainsi doucement se déployer chaque vision de Léo, le moindre de ses paysages intérieurs. Alors, comme le petit garçon qui se trouvait à côté de moi, on peut en avoir plein les mirettes et s’exclamer : « T’as vu ça ! ». C’est peut être une histoire simple, mais combien d’enfants autour de nous reviennent cassés par des mots méchants, et qui sait combien de nos enfants ont-ils aussi dit sans y penser vraiment :

« Allez, on va le faire pleurer ! ». La mise en scène n’élude pas non plus la cruauté.

Mais qu’on ne s’inquiète pas, tout redeviendra doux pour Léo, Léa, et Léon. Quoi qu’il en soit, cette histoire est un délice. Dans la bouche des deux interprètes qui ont de si belles voix, les mots ont des saveurs exquises. Toute la verve, la fantaisie de Philippe Dorin sont mises en évidence. On savoure les jeux de mots, les images insolites et si justes. On boit des yeux ces figures qui prennent vie. Et cette friandise est, en outre, pour reprendre un propos de la metteuse en scène Claire Vialon un mille-feuille. Il y en a pour tous les âges (mais pas avant 6 ans), et pour toutes les perceptions. Certains liront dans une image un clin d’oeil à Dubuffet, découvriront dans une silhouette celle de Joseph Beuys *.

D’autres penseront à Lautréamont. La plupart, se pourlécheront simplement d’une belle histoire.

Dans les yeux de Léo est donc un beau spectacle, dont la création sonore poétique et juste, la qualité de l’interprétation et la richesse de la mise en scène sont les plus belles invitations au voyage.

Laura Plas – Les Trois Coups – Février 2012- www.lestroiscoups.com

Crédits photos D. Schaffer

Distribution :
Adaptation, marionnettes et mise en scène : Claire Vialon
Interprétation : Coraline David et Mathieu Enderlin
Mise en son : Aïcha Touré – Yan Lemarchand
Administration : Michèle Frottier-Poiret

Cliquez ici pour obtenir le dossier du spectacle Dans les yeux de Léo


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